En cas de stationnement irrégulier ou dangereux, ou à l'occasion
de certaines infractions (conduite en état d'ivresse, défaut
de permis de conduire...), le code de la route permet aux services de Police
et de Gendarmerie d'immobiliser un véhicule et de demander sa mise
en fourrière.
Or, il était souvent reproché par les automobilistes, assistants
malgré eux à l'enlévement de leur véhicule pour
être arrivé trop tard sur les lieux de l'infraction,
l'impossibilité d'interrompre la procédure de mise en
fourrière dès lors que les opérations de transfert avaient
reçu un commencement d'exécution. En outre, ledit commencement
d'exécution était apprécié différemment
selon les tribunaux, soit qu'il s'agissait pour certains de l'arrivée
du camion d'enlévement sur les lieux de l'infraction, soit pour d'autres,
d'une manipulation effective du véhicule par le préposé
procédant à l'enlèvement.
De manière à mettre fin à ces situations, lequelles
généraient de nombreuses saisines des tribunaux de Police,
les Pouvoirs Publics ont modifié les dispositions du code de la route
relatives à l'immobilisation et à la mise en fourrière
des véhicules automobiles (Décret n° 96-476 du 23 mai
1996, Journal Officiel du 2 juin 1996). Désormais, les automobilistes
qui, de retour à leurs véhicules, assistent à
l'elévelement de celui-ci ont la possibilité dans tous les
cas de figure d'interrompre la procédure et de repartir avec leurs
véhicules à charge pour eux de régler, outre le montant
de l'amende dans les conditions habituelles, certains frais dont le montant
dépend du moment où est interrompu la procédure
d'enlévement.
En pratique, plusieurs cas de figure sont possibles selon que le
propriétaire du véhicule concerné est présent
ou absent lors de la procédure d'elévement.
Explications.
- On notera tout d'abord que les agents verbalisateurs ont désormais
l'obligation de vérifier sur le fichier des immatriculations avant
toute prescription de mise en fourrière s'il s'agit d'un véhicule
volé et, le cas échéant, d'avertir immédiatement
son propriétaire légitime et son assureur.
- Si le véhicule est mis en fourrière en l'absence du
propriétaire : l'enlévement lui sera notifiée par lettre
recommandée avec accusé de réception dans un délai
maximal de cinq jours à compter de la mise en fourrière. La
notification contient sous peine d'irrégularité de la
procédure les mentions obligatoires résultant de l'article
R.291.1 du code de la route, à savoir :
1. L'indication de l'autorité qui a prescrit la mise en fourrière, de la fourrière désignée et de l'autorité dont relève cette fourrière ;
2. La décision de classement prise en application de l'article R.290 et indication de la faculté de faire procèder à une contre-expertise conformément aux articles R.292 et R.292-1 (voir plus bas) ;
3. L'autorité qualifiée pour donner main-levée de la mise en fourrière ;
4. L'injonction au propriétaire de remettre immédiatement le certificat d'immatriculation à l'autorité visée au 3 ci-dessus ;
5. La mise en demeure au propriétaire de retirer son véhicule avant l'expiration d'un délai de 45 jours (10 jours pour les véhicules dont la valeur est inférieure à 3.000 F) ;
6. L'avertissement au propriétaire que son absence de réponse dans les délais impartis vaudra abandon de son véhicule et que ledit véhicule sera remis au service des domaines en vue de son aliénation, soit livré à la destruction ;
7. La nature et montant des frais qu'il sera tenu de rembourser ;
8. L'énoncé des voies de recours.
A cete notification, est jointe une fiche descriptive de l'état du
véhicule dont la rédaction est faite avant que la mise en
fourrière reçoive un début d'exécution
- Si le véhicule est mis en fourrière au moment où son
propriétaire revient le prendre, plusieurs cas de figure sont à
distinguer :
* soit le véhicule n'a pas encore été déplacé et les quatre roues n'ont pas quitté le sol, dans ce cas, le conducteur peut interrompre l'enlèvement en acquittant, outre le montant de la contravention dans les conditions habituelles, les frais correspondant aux opérations préalables de mise en fourrière à condition que le véhicule d'enlévement se soit rendu sur les lieux (soit 105 F) ;
* soit la mise en fourrière a reçu un début d'exécution dans la mesure où deux au moins des roues du véhicule ont quitté le sol lorsque la mise en fourrière est effectuée avec un véhicule d'enlévement ou à partir du moment où le véhicule est déplacé physiquement en cas d'utilisation d'un autre procédé, dans ces cas, le conducteur est autorisé à interrompre l'enlèvement en acquittant, outre le montant de l'amende dans les conditions habituelles, les frais correspondant aux opérations d'enlèvement (soit 450 F) ;
* soit le conducteur ne veut ou ne peut pas régler les frais
demandés, dans ce cas, le véhicule est emmené à
la fourrière. La carte grise est alors retirée au conducteur.
L'agent verbalisateur remet au conducteur une fiche descriptive de l'état
du véhicule dont la rédaction est faite avant que la mise en
fourrière reçoive un début d'exécution
- Dans le cas où le véhicule est mis en fourrière, deux
situations sont à distinguer selon le moment où le
propriétaire vient rechercher son véhicule :
* soit le contrevenant vient récupérer son véhicule
immédiatement ou dans les trois jours : il doit alors régler,
outre le montant de la contravention dans les conditions habituelles, les
frais correspondant aux opérations d'enlèvement et les frais
de garde quotidienne (450 F plus 21 F de frais de garde par tranche de 24
H). Si la mise en fourrière a été prescrite en raison
du mauvais état du véhicule ou du défaut de passage
au contrôle technique, le véhicule ne peut être rendu
à son conducteur qu'après réalisation des réparations
nécessaires ou passage au centre de contrôle technique. Uner
autorisation provisoire de sortie de fourrière est délivrée
pour ce faire à l'automobiliste.
* soit le contrevenant ne vient pas récupérer son véhicule
dans les trois jours, il doit dans ce cas recevoir une notification par lettre
recommandée avec accusé de réception dans le délai
maximum de cinq jours suivant la mise en fourrière du véhicule.
Cette notification doit comporter certaines mentions obligatoires à
défaut de nullité (voir ci-dessus) ainsi qu'une fiche technique
décrivant l'état du véhicule.
Le propriétaire du véhicule doit venir retirer son véhicule
avant 45 jours (10 jours pour les véhicules dont la valeur est
inférieure à 3.000 F). Le cas échéant, il doit
alors régler, outre le montant de la contravention dans les conditions
habituelles, les frais correspondant aux opérations d'enlèvement
(450 F), les frais de garde quotidienne (21 F de frais de garde par tranche
de 24 H) et les frais d'expertise du véhicule. Ces délais
écoulés, le véhicule est remis au service des Domaines
ou destiné à la destruction.
L' une des nouveautés introduites par le décret du 23 mai 1996
est de prévoir un délai de trois jours en faveur de l'automobiliste
pour venir chercher son véhicule, délai pendant lequel son
véhicule ne fait l'objet ni d'un classement, ni d'une expertise. L'on
rappellera pour la bonne compréhension de cette disposition que le
code de la route fait obligation à l'autorité de Police de
classer les véhicules qui sont mis en fourrière en trois
catégories : 1 - véhicules qui peuvent être retirés
en l'état par leurs propriétaires ; 2 - véhicules qui
nécessitent des travaux avant d'être rendus à leurs
propriétaires ; 3 - véhicules hors d'état de circuler
et dont la valeur marchande est inférieure à 3.000 F. La
décison de classement se fait après expertise diligentée
par l'administration dont les frais sont supportés par l'automobiliste.
Ce dernier à la possibilité de contester la décision
de classement qui a été prise à son encontre ou l'état
du véhicule décrit dans la fiche qui lui est remise avec la
notification de mise en fourrière en recourant à une
contre-expertise à ses frais et à partir d'une liste d'expert
établie par le préfet du département. Si la contre-expertise
infirme la première expertise, les frais des deux expertises incombent
à l'autorité publique, ce qui n'était pas prévu
dans l'état de la législation antérieure au décret
précité.
Dans le cas où un véhicule est classée en deuxième
ou troisième catégorie, le propriétaire ne peut le
récupérer qu'à partir du moment où il effectue
les réparations destinées à le remettre dans un état
normal de sécurité conforme au code d ela route.
S'agissant du coût de la mesure d'expertise, il est à noter
qu'aucun des huit correspondants successifs interrogés par votre serviteur
au Centre Interministériel de Renseignements Administratifs, à
la préfecture de police de Paris, à la fourrière de
Paris et au ministére de l'Intérieur n'ont été
capables de nous renseigner, ce qui nous rappelle que ceux qui détiennent
l'information ne sont pas obligatoirement ceux qui répondent au public.
- Les automobilistes peuvent s'ils le souhaitent et sans qu'il s'agisse d'une
nouveauté introduite par le décret du 23 mai 1996, contester
auprès du procureur de la République la décision de
mise en fourrière. Ce magistrat confirme ou infirme la décision,
qui a été prise dan le délai de cinq jours maximum.
On rappellera que la mise en fourrière d'un véhicule en l'absence
d'infraction constitue une voie de fait, laquelle permet à la personne
qui en est victime d'engager la responsabilité de l'autorité
publique devant les tribunaux administratifs.
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