Qu'est-ce qu'une partie commune à jouissance exclusive ?
Base légale : art.
2,
3,
5,
26,
37 Loi 10 juillet
1965
La notion de jouissance exclusive est un des concepts les plus complexes
du droit de la copropriété ; il est aussi difficile à
saisir qu'il peut sembler injuste.
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A la base se trouve le règlement de copropriété, contrat
de base qui lie les copropriétaires.
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Ce contrat se doit de distinguer précisément les
éléments qui sont privatifs, et ceux qui sont communs.
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Cependant il arrive (fréquemment) que des plans imprécis, une
rédaction incertaine, des constructions sauvages dont la mémoire
se perd, des ventes de parties communes effectuées sans adaptation
du règlement, les aléas amenant à la destruction
d'archives... font que le règlement de copropriété ne
correspond pas à la réalité de la construction qu'il
régit.
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Quel statut attribuer, dans ces conditions, à tel ou tel espace? la
loi instaure, pour faciliter le travail des juristes, un régime de
présomptions. Mais celui-ci ne brille pas par sa clarté. Au
titre de l'art. 2 de la Loi de 1965, sont privatives "les parties des
bâtiments et des terrains réservées à l'usage
exclusif d'un copropriétaire déterminé. Les parties
privatives sont la propriété exclusive de chaque
copropriétaire".
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Il y a donc deux choses à distinguer dans un lot : son usage et sa
propriété.
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si vous avez la propriété d'un lot, vous en avez l'usage exclusif
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si vous avez l'usage exclusif d'un lot, celui-ci n'est pas obligatoirement
votre propriété ; il peut être un bien commun (cas classique
concernant les terrasses)
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si la propriété est incertaine (lot non répertorié,
p. ex.), et si le règlement de copropriété est muet
sur la partie en question (cas fréquent concernant les combles anciens),
il sera fait appel à la présomption de l'art. 3 de la Loi de
1965, qui répute communes un certain nombre d'éléments
d'immeuble.
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En conclusion, si vous avez l'usage exclusif d'une portion de partie qui
semble commune mais n'est pas indiquée comme telle dans le
règlement, en ce sens que vous seul pouvez y accéder à
l'exclusion de tout autre copropriétaire, vous pouvez en revendiquer
la propriété.
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En revanche, si le local est réputé commun par la loi, vous
n'en aurez pas la propriété, mais disposerez d'un droit de
jouissance exclusif, la charge de l'entretien pesant sur la
copropriété ; ce n'est pas un mauvais statut.
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De jurisprudence constante, le droit de jouissance privative ne peut
conférer le droit de construire. Pas question donc, de construire
une veranda sur un jardin commun à jouissance exclusive sans l'accord
de l'assemblée à la majorité de l'art. 26 (voir
les différentes majorités de votes).
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La jouissance exclusive est un droit. Ce qui signifie que si on vous
en prive vous êtes fondé à réclamer réparation
à la copropriété (comme dans le cas du transfert de
votre lot au domaine public - CA Paris 1e Ch. sec. G, 14 juin 2000).
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Il a été jugé que la jouissance exclusive pouvait
conférer un droit de propriété (en ce qu'il qualifiait
une partie de privative), dès lors que cette faculté est
prévue de manière expresse et non équivoque par le
règlement de copropriété (CA Paris, 23e Ch. B, 29 juin
2000).
© Serge DIEBOLT
- Avocat à la Cour - "Droit pour
Tous" - 2002