Qu'est-ce qu'une partie commune spéciale ou particulière
(ainsi que ses charges) ? quelles sont les répercussions sur les travaux
?
Base légale : art.
7,
24 al. 2 Loi 10 juillet
1965
L'hétérogénéité de certaines
copropriétés pose parfois des problèmes, car les
copropriétaires qui n'ont jamais accès à certains
éléments se montrent à juste titre réticents
à les entretenir. Il est alors possible de répartir, par
stipulation expresse du règlement de copropriété, les
parties communes :
-
en parties communes générales, propriété
de tous (comme le sol de la copropriété, le plus souvent)
-
en parties communes spéciales (ou particulières),
affectées à certains copropriétaires (aire de roulement
d'un parking déclarée spéciale aux propriétaires
de places de parking, gros oeuvre d'un bâtiment donné
déclaré spécial à ses copropriétaires
occupants, etc.).
La spécialisation des parties communes entraîne en
général celle des charges y afférentes, ce qui simplifie
alors leur gestion (il est tenue une assemblée spéciale pour
les décisions concernant ces charges - art.
24 al. 2 Loi 1965).
La notion de partie commune
spéciale est à distinguer de celle de charge spéciale.
On peut créer une charge spéciale sans créer pour autant
de partie commune spéciale. Mais en pratique la spécialisation
des parties commune entraîne logiquement celle des charges, d'où
une confusion fréquente.
Conséquences de cette distinction :
-
Seuls les copropriétaires concernés par les parties communes
spéciales sont tenus de leur entretien.
-
Le général s'efface devant le spécial : L'assemblée
générale n'a pas la faculté de prendre des décisions
regardant les parties communes spéciales ; une telle résolution
serait nulle (Cass. 3e civ., idem - CA Paris 20 sept. 1988, D. 1988, IR 287).
-
Ce principe trouve une exception, dans le cas d'une disposition contraire
d'un règlement de copropriété ; il a été
jugé que si un règlement érige les bâtiments en
parties communes spéciales mais précise que l'assemblée
a compétence pour décider de l'aspect extérieur des
parties communes, alors l'assemblée a compétence pour autoriser
un ravalement dans son ensemble, les budgets particulier étant à
discuter bâtiment par bâtiment (CA Paris, 23e C. B, 29 juin
2000).
-
Les parties communes spéciales sont réservées à
l'utilisation et à la jouissance des copropriétaires qui
possèdent des quotes-parts de ces parties communes (Cass. civ. 21/02/1978
- Dalloz IR 1987-431). Ce régime se comprend, puisque seuls les
copropriétaires de parties communes spéciales sont tenus de
leur entretien.
-
En revanche, un copropriétaire peut se voir concédé
la jouissance exclusive d'un lot commun, alors que la copropriété
reste tenue de son entretien. Cliquez ici pour plus
de détails sur ce régime particulier.
-
Les murs et cloisons non compris dans le gros oeuvre, et séparant
les parties privatives sont présumés mitoyens entre
les lots qu'ils séparent (art.
7 Loi 1965) ; ceci crée
de facto des parties communes spéciales.
© Serge DIEBOLT
- Avocat à la Cour - "Droit pour
Tous" - 2001