Un syndicat de copropriétaires peut-il agir en justice ?
Base légale : art. 15 Loi 10 juillet 1965, art.
51,
56 Décret 17
mars 1967
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Oui, aux termes de l'art. 15 (Loi 1965), pour défendre ou attaquer
des copropriétaires.
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Il peut agir avec certains copropriétaires contre d'autre
copropriétaires ou contre des tiers, dans le but d'assurer
la sauvegarde des droits afférents à l'immeuble (sa
sauvegarde et l'administration des parties communes).
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Un copropriétaire peut néanmoins agir seul pour la défense
de son lot, mais il doit en informer le syndic (art.
51 D. 1967). La copie
d'une assignation est adressée au syndic par recommandé AR.
Il doit également subir un préjudice personnel (le préjudice
collectif ne suffit pas).
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C'est le syndic qui représente le syndicat en justice. Or il se peut
que le syndicat soit amené à agir en justice contre le syndic
; dans ce cas, l'art.
56 (D. 67) autorise
tout intéressé à demander au Président du Tribunal
de Grande Instance, statuant sur requête, de désigner un mandataire
ad hoc pour représenter le syndicat.
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Le syndicat ne peut agir que dans le but de sauvegarder les droits
afférents à l'immeuble ; exemple : faire respecter le
règlement de copropriété, faire payer les charges, assurer
un usage paisible des locaux, etc.
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Le syndicat peut également demander des indemnités en cas de
retard chronique dans le paiement des charge : Ayant relevé qu'en
s'abstenant de régler à leur échéance ses charges
de copropriété, un copropriétaire avait contraint les
autres copropriétaires à lui en faire l'avance et à
endurer les tracasseries d'une longue procédure, d'où il
résultait que le préjudice ainsi causé avait été
ressenti de la même manière par les autres copropriétaires,
une cour d'appel a pu allouer de ce chef une indemnité au syndicat
(Cass. civ. 27/11/1990).
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Le syndicat voit fréquemment sa responsabilité engagée
quand un propriétaire est mécontent de prestations effectuées
par la copropriété ; il peut alors exercer toute action
récursoire (c'est-à-dire se retourner) contre les prestataires
défaillants : architectes, entrepreneurs, syndic.
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Le syndicat peut intenter des actions de type possessoire ou pétitoire
(cf. Définitions).
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Le syndicat ne peut agir que pour des troubles qui affectent les
copropriétaires dans leur ensemble.
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Le syndicat peut engager une action tendant à indemniser un
copropriétaire pour un trouble affectant sa partie privative, dès
lors que ce trouble provient des parties communes.
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Si le syndicat n'engage pas une action alors qu'il le devrait, tout
copropriétaire peut se substituer à lui, mais la jurisprudence
considère que cette action doit revêtir un caractère
subsidiaire. Donc, si le copropriétaire ne subit pas de préjudice
direct, il doit d'abord, après avoir dénoncé l'infraction,
provoquer un vote du conseil syndical sur ce point. En cas de refus formel
de ce dernier, il pourra alors s'adresser à la justice.
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Le syndicat a vocation à défendre la copropriété
contre toute action en justice émanant de tiers, même si cette
action ne concerne que des parties privatives, car il est le gardien des
droits afférents à l'immeuble en général. Par
contre, pour que la décision de justice soit opposable au
propriétaire de parties privatives, il est nécessaire de l'appeler
en cause.
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Le syndicat ne peut agir dans un litige ne concernant que des parties privatives.
Il faut que les parties communes soient concernées d'une manière
ou d'une autre.
© Serge DIEBOLT
- Avocat à la Cour - "Droit pour
Tous" - 2001