Je vends mon lot. Que se passe-t-il sur le plan comptable au niveau de la copropriété ?

Base légale : art. 20 Loi 10 juillet 1965, art. 5, 5-1, 5-2, 6-1 Décret 17 mars 1967

Le principe courant est qu'en cas de vente d'un lot, le vendeur est tenu de toutes les dépenses qui ont été votées antérieurement à la vente, et l'acquéreur de toutes celles qui lui sont postérieures.

Des difficultés peuvent en revanche surgir en cas de paiement différé ou anticipé ; c'est le cas quand le syndic a procédé à des provisions, ou au contraire quand les travaux ont été votés mais les fonds tardivement appelés.

Le principe juridique précis énonce que le vendeur doit s'être acquitté de toutes ses dettes exigibles vis-à-vis du syndicat, ce qui inclut les provisions mais exclut les appels de fonds tardifs. Il en résulte que si vous acquérez un bien dans une de ces périodes charnières, vous bénéficiez des provisions (vos charges sont réduites en raison des avances) et pâtissez des appels tardifs (vos charges augmentent pour combler les retards). Il est donc de bonne rigueur, lors de la vente, de se procurer auprès du syndic un état comptable rigoureux de la copropriété, et d'inclure les éléments d'actif/passif dans la négociation du prix de vente.
Par exemple, l'existence d'une procédure de recouvrement à l'encontre d'un copropriétaire s'assimile à une provision (le vendeur a payé d'avance à la place du copropriétaire défaillant), et s'analyse en une créance recouvrable à terme. Le prix de vente peut donc être majoré du montant prévisible qui correspond à la diminution que connaîtront les charges quand la créance aura été judiciairement recouvrée.

Le fonds de roulement constitue une avance de trésorerie sur travaux courants. Il est donc traité comme une avance de fonds qui profite à l'acquéreur.


© Serge DIEBOLT - Avocat à la Cour - "Droit pour Tous" - 2001