Que se passe-t-il si l'assemblée ne désigne aucun syndic
?
Base légale : art.
17 Loi 10 juillet 1965,
art. 47 Décret
17 mars 1967
Rien.
La loi (art. 17) pose clairement qu'il est obligatoire de désigner
un syndic, mais n'assortit cet ordre d'aucune sanction.
Donc, si vous vous entendez parfaitement avec vos voisins et souhaitez
éviter des frais, vous pouvez vous passer de syndic. Le syndicat des
copropriétaires existera pourtant bel et bien en tant que personne
morale. Il pourra notamment être condamné judiciairement, si
un préjudice est causé à un tiers (violation de servitude,
accident dans les parties communes, etc). Dans ce cas de figure chaque
copropriétaire est responsable solidairement de tous les autres, et
ce sur l'ensemble de ses biens.
De plus la copropriété n'a aucun moyen d'action, de
possibilité de passer un contrat ni de défense juridique, faute
d'organe représentatif régulièrement nommé.
Il est donc plus que conseillé de recourir, malgré tout, à
l'élection d'un syndic qui concrétisera ainsi l'existence de
la personne morale du syndicat des copropriétaires.
Comment élire un syndic en l'absence d'assemblée
générale constitutive ?
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En règle générale, quand l'immeuble est construit, le
règlement de copropriété prévoit la tenue d'une
assemblée constitutive chargée de désigner un syndic.
Certains règlements en désignent même un directement.
Cette pratique est admise, les tribunaux préférant risquer
un certain clientélisme que de voir des copropriétés
sans syndic, dont la situation peut s'avérer bien plus difficile à
rétablir (rappelons que la nomination d'un syndic n'est que limitée
dans le temps).
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Mais il arrive que personne n'arrive à se mettre d'accord sur la
nomination d'un syndic. Il arrive également que de grandes demeures
soient divisées par lot sans que soit prévu la désignation
d'un syndic, ce dont tout le monde s'accomode volontiers tant que se tiennent
de bonnes relations de voisinage ; le problème ne survient qu'en cas
de conflit.
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Deux solutions sont alors possibles :
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une solution informelle, consistant à tenir une assemblée
dans les formes, mais convoquée spontanément par les
copropriétaires, qui désigne un syndic et met en route la vie
de la copropriété ; c'est une procédure illégale
mais qui, faute de contestation dans les deux mois, vaut ensuite à
titre définitif malgré son illégalité. Si la
situation n'est pas bloquée entre voisins, vous avez donc tout
intérêt à recourir à cette solution.
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la solution légale, consistant à passer par la
procédure de désignation d'un administrateur provisoire, dont
l'unique mission sera de convoquer l'assemblée afin que celle-ci
désigne un syndic bénévole ou professionnel. Cette
procédure prévue par l'art. 47 du décret de 1967, est
légère mais nécessite l'intervention d'un avocat . Vous
devez en effet saisir le Président du tribunal de grande instance
de l'immeuble, qui statue sur requête.
© Serge DIEBOLT
- Avocat à la Cour - "Droit pour
Tous" - 2002