Domaines et étendue de la mission du syndic
Base légale : art.
18 Loi du 10 juillet 1965,
art. 32,
36 Décret 17
mars 1967
Le syndic a une mission générale de gestion de l'immeuble.
Ceci inclut :
-
L'obligation d'exécuter les décisions adoptées par
l'assemblée générale (art.
18 L. 1965), dans la mesure
où ces décisions sont claires et précises. Il ne pourra
outrepasser ces décisions, sauf délégation de pouvoir
spéciale votée à la
majorité de l'art. 25 (de tous les
copropriétaires).
Rapports avec l'assemblée générale :
-
c'est le syndic qui provoque les réunions de l'assemblée
générale, en adressant une convocation en temps utile et dans
les formes requises ; il organise la salle et la réunion. Nota : le
choix de la date peut s'établir en concertation avec le Conseil syndical.
-
il doit être personnellement présent aux assemblée (ou
se faire remplacer par un préposé), établir les feuilles
de présence, présenter un compte-rendu de sa gestion et
éventuellement en demander quitus.
ni
le syndic ni ses préposés ne peuvent présider
l'assemblée générale, ni recevoir de pouvoir pour y
représenter un copropriétaire
-
il inscrit les décisions de l'assemblée dans un
procès-verbal, qu'il consigne dans un registre librement accessible
par les copropriétaires.
-
La gestion documentaire, budgétaire et comptable du syndicat. Ceci
inclut :
-
la mise à jour de la liste des copropriétaires, avec indication
des numéros de lots, des nu-propriétaires et usufruitiers,
ainsi que des personnes qui ont un droit d'habitation sur le lot (art.
32 D. 1967).
-
la préparation et l'envoi des convocations aux
assemblées générale,
et s'assurer que celles-ci sont tenues au moins une fois par an.
-
la préparation du budget de la copropriété (art.
18 L. 1965). Une copie
du budget doit obligatoirement être envoyée avec chaque convocation
à l'assemblée générale prévoyant son vote.
-
l'envoi à certains copropriétaires des décisions de
l'assemblée sous forme de procès-verbal.
-
La gestion financière de la copropriété (art.
18 L. 1965). Ceci inclut
:
-
l'ouverture d'un compte bancaire ou postal au nom du syndicat ; les documents
comptables de ce compte doivent pouvoir être présentés
à tout moment de l'année au
syndicat de la copropriété,
si celui-ci en fait la demande
-
l'ouverture éventuelle d'un compte séparé pour le syndicat
des copropriétaires ; il vaut mieux se méfier des syndics trop
hostiles au compte séparé. Un compte séparé permet
un meilleur suivi de la gestion ; il facilite les placements de trésorerie,
et constitue une sécurité en cas de faillite ou de changement
de syndic.
-
l'ouverture d'un compte spécial pour travaux ; cette ouverture doit
être soumise au vote de l'assemblée au minimum tous les 3 ans.
Il sert à éviter les appels de charges pour travaux trop brutaux
et minimiser les risques d'impayés, mais il nécessite un peu
plus de gestion. Aussi les syndics essaient-ils souvent de dissuader les
copropriétaires d'en ouvrir un.
-
le syndic doit recouvrer les charges auprès des propriétaires,
et poursuivre, judiciairement si besoin, ceux qui ne paient pas.
-
La mission de faire respecter le règlement de
copropriété
-
le syndic reçoit les plaintes, adresse les mises en demeure et au
besoin poursuit judiciairement les contrevenants.
les
locataires sont sans lien de droit avec la copropriété
; le syndic ne peut donc que rappeler à un propriétaire qu'un
locataire contrevient au règlement, à charge pour ce
propriétaire de faire le nécessaire auprès du
locataire.
-
il gère le personnel de la copropriété. Il est souhaitable
de vérifier que son contrat prévoit expressément le
remplacement des gardiens et employés d'immeuble, et définissez
à l'avance les modalités d'un éventuel surplus de
facturation si le syndic en exige un.
-
il contracte les assurances nécessaires à l'immeuble.
-
La représentation du syndicat des copropriétaires en justice
:
-
sans autorisation particulière (mandat général de
préservation de l'immeuble) :
-
pour le recouvrement des impayés (vérifiez que le syndic ne
prévoie pas de frais de relance excessifs en cas d'impayés).
Vous pouvez prévoir dans le contrat du syndic une clause aux termes
de laquelle il appliquera systématiquement au débiteur des
intérêts de retard qu'il se chargera de calculer (tels qu'ils
sont prévus à
l'art. 36 D. 1967).
-
pour les actions en référé et les mesures conservatoires
-
quand le syndicat des copropriétaires
est assigné en justice
-
avec une autorisation expresse de l'assemblée générale
pour les autres cas
-
Le suivi des coordonnées des copropriétaires
Cette obligation les rend tributaires de la coopération d'un certain
nombre d'acteurs de la vie immobilière ; cf. la
Recommandation n°3 de la Commission
relative à la copropriété.
© Serge DIEBOLT
- Avocat à la Cour - "Droit pour
Tous" - 2001