La copropriété est-elle totalement engagée par les
actes de son syndic ? Que faire en cas d'abus ?
Base légale : art.
18,
21 Loi du 10 juillet 1965,
art. 37 Décret
17 mars 1967
La copropriété est engagée par tout ce qu'elle a voté,
et tout ce qui ressort par nature du mandat du syndic (cliquer ici pour
plus de précisions sur la nature de la mission
du syndic). En-dehors de cette hypothèse, le syndic engage sa
responsabilité vis-à-vis de la copropriété, mais
celle-ci reste néanmoins tenue vis-à-vis des tiers des engagements
contractés par le syndic.
Autrement dit, le risque de mauvaise gestion du syndic pèse sur la
copropriété. Noter toutefois que celle-ci peut assez aisément
se faire indemniser auprès de l'assurance professionnelle du syndic
défaillant... à condition que celui-ci en ait contracté
une (c'est donc un point qu'il est fortement conseillé de vérifier).
Quelles dépenses le syndic peut-il engager ?
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Principe : Le syndic ne peut engager que les dépenses qui ont
été votées.
-
Modalités supplémentaires : l'assemblée doit
déterminer un plafond au-delà duquel le conseil syndical devra
obligatoirement être consulté par le syndic, quelle que soit
la dépense à engager, et même si elle l'est de par une
dépense qui a déjà été votée
(art. 21 al 2 L. 1965).
-
Exception : en cas d'urgence, le syndic doit engager des dépenses
qui n'ont pas été votées pour des travaux nécessaires
à la sauvegarde de l'immeuble. Il doit cependant en informer les
copropriétaires et convoquer immédiatement une assemblée
générale (art.
37 D. 1967).
-
Aménagements courants : en sa qualité de mandataire
de la copropriété, le syndic peut être amené,
et c'est normal, à engager un certain nombre de dépenses
d'entretien courant de l'immeuble. Si les copropriétaires veulent
encadrer strictement cette activité, ils peuvent alors voter en
assemblée générale une enveloppe consacrée à
de telles dépenses.
Que faire en cas d'abus ?
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Manière douce :
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En référer au président du conseil syndical, auquel
le syndic devrait fournir les explications nécessaires.
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En cas d'échec, en venir à la...
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Manière forte :
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Ne pas payer les appels de fonds litigieux
Ceci
ne signifie pas cesser de payer toute charge ; les magistrats
n'apprécient pas que l'on se fasse justice à soi-même,
et déboutent fréquemment des copropriétaires qui ont
refusé d'acquitter des charges par ailleurs contestables : ne refusez
de payer une charge que si vous êtes certain qu'elle est totalement
illégale.
Une bonne stratégie peut consister à verser les sommes litigieuses
sur un compte bancaire séparé de votre compte courant, que
vous aurez ouvert à cet unique effet. En quelque sorte, vous consignez
cet argent vous-même, ce qui vous permettra de montrer votre bonne
foi au juge.
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Appeler l'assemblée générale à refuser de ratifier
ces dépenses
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Le syndic doit alors accepter de prendre en charge les dépenses soit
à titre personnel, soit au titre de son assurance professionnelle.
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S'il refuse de le faire, il faudra engager les procédure de :
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révocation du syndic
-
responsabilité par voie judiciaire (cette procédure lourde
nécessite de faire appel à un avocat)
Si
l'assemblée générale refuse de vous suivre et vote le
budget (ou le quitus), cela équivaudra à
une ratification, et vous devrez alors - de plein droit - payer.
Dans de telles conditions, il est plus prudent de faire approuver les comptes
non pas en bloc, mais dépense par dépense. Ceci permet de ne
pas bloquer d'autres travaux éventuellement nécessaires, et
d'éviter que les copropriétaires mauvais payeurs ne saisissent
ce prétexte pour continuer de refuser de payer.
© Serge DIEBOLT
- Avocat à la Cour - "Droit pour
Tous" - 2001