Ce qu'il faut savoir à propos de la contestation d'une assemblée
générale
Base légale : art.
42 Loi 10 juillet
1965
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Une assemblée générale, ou l'une de ses décisions,
ne peut être contestée que par la voie d'une action judiciaire,
entreprise dans un délai strict et sous forme d'une assignation
déposée au greffe du tribunal compétent. L'avocat est
obligatoire. Cliquez ici pour voir comment limiter
les frais d'une procédure.
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La loi tend en effet à favoriser les décisions d'assemblée.
La justice n'intervient que pour réparer les erreurs ou les abus,
mais cette action est longue et difficile. De fait, la loi tend à
faire prévaloir le choix du groupe sur celui de l'individu.
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Ainsi, votre recours n'est pas suspensif ; cela signifie que même si
vous attaquez en justice une assemblée générale, les
dispositions de celles-ci sont immédiatement exécutoires
(CA Paris 15/05/1984 - Dalloz IR 1984-409). La Cour de cassation a confirmé
cette décision, en rappelant que les décisions prises par
l'assemblée générale s'imposent aux copropriétaires
tant que la nullité n'en a pas été prononcée
(Cass. civ. 29/04/1987 - Bull. cass. n°
94).
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Auparavant vous deviez avoir été opposant (avoir voté
contre une résolution) ou défaillant (ne pas avoir assité
à l'assemblée générale) pour pouvoir contester
ensuite une résolution en justice. La jurisprudence a assoupli sa
position, énonçant de manière générique
qu'est considéré comme opposant celui dont la volonté
a été contrariée (exemple : vous demandez à ce
que vous soient autorisés des travaux sur le fondement de l'article
25b. L'assemblée vous les refuse. Au titre de la jurisprudence ancienne,
vous n'auriez été admis à contester cette décision
que si vous aviez vous-même voté contre ; désormais,
vous pouvez voter normalement pour, et contester néanmoins la
décision d'assemblée en cas de refus).
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Ne vous abstenez pas lors d'un vote : la jurisprudence restreint de plus
en plus les possibilités de recours pour les abstentionnistes.
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Contester une assemblée générale, ou une de ses
résolutions seulement, peut être fait pour une grande
variété de motifs :
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manquement à une règle légale de forme (dans ce cas,
l'assemblée, ou selon les cas une de ses résolutions seulement,
sera annulée)
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manquement à une règle de fond (abus, erreur, décision
vous faisant grief) : la sanction sera soit l'annulation de la décision,
soit l'octroi pour vous de dommages-intérêts
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Conditions pour agir
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Vous devez avoir été destinataire de la convocation (autrement
dit, être copropriétaire). Si vous êtes coïndivisaire,
vous pouvez également agir au nom de l'indivision si vous vous êtes
déclaré comme mandataire commun au syndic de sorte à
être destinataire de la convocation ; les tribunaux considérent
alors que vous avez un mandat d'ester tacite (Cass. 3e civ., 11 octobre 2000)
; à défaut vous serez déclaré irrecevable (CA
Paris 23e ch. B, 25 mai 2000).
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Vous devez introduire votre action dans un délai de deux mois,
à compter de la réception du PV d'assemblée
générale (plus précisément à compter de
la première présentation du recommandé à votre
domicile), qui doit vous être adressé par lettre recommandée
AR à peine de déchéance du délai (dans ce cas
le délai s'appliquant est de dix ans). Une fois ce délai
expiré, aucune contestation ne sera plus possible, même en cas
d'irrégularité de l'assemblée générale
(Cass. civ. 09/01/1973 - Bull. cass. 12/1970), à moins que vous n'ayiez
pas été convoqué régulièrement à
cette assemblée (Cass. civ. 17/07/1975 - IR Copro 1975-174).
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Vous devrez prendre un avocat et faire l'avance des frais de procédure,
mais vous pourrez récupérer ces frais si vous gagnez votre
procès. Auparavant, la jurisprudence considérait qu'au regard
de la loi les frais de justice devaient être supportés par tous
les copropriétaires du syndicat, même ce qui avaient obtenu
gain de cause contre lui. L'art. 10-1 de la Loi de 1965 (introduit par la
loi SRU) a rectifié cette aberration, en énonçant
"Le copropriétaire qui, à l'issue
d'une instance judiciaire l'opposant au syndicat, voit sa prétention
déclarée fondée par le juge, est dispensé de
toute participation à la dépense commune des frais de
procédure, dont la charge est répartie entre les autres
copropriétaires. Le juge peut
toutefois en décider autrement en considération de
l'équité ou de la situation économique des parties au
litige."
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Les délais sont particulièrement longs : ne comptez pas sur
une décision avant 1, voire 2 ans si votre adversaire est
procédurier.
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Une décision attaquée peut être couverte par une
assemblée postérieure (Cass. civ.
02/07/1986 - Bull. cass. n° 104). Dans ce cas, les magistrats
décident fréquemment que l'instance n'a plus lieu d'être,
et l'action s'éteint.
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Ne contestez pas les décisions d'une assemblée pour gagner
du temps ! L'art. 42 al. 4
Loi 1965 permet au syndicat des copropriétaires de faire condamner
celui qui aura agi de manière dilatoire ou abusive à une amende
civile allant de 1.000 à 20.000 F (ce cas concerne uniquement les
travaux d'agrandissement ou d'amélioration de l'art. 26
c).
© Serge DIEBOLT
- Avocat à la Cour - "Droit pour
Tous" - 2002