Carence - Que faire si le syndic reste sourd aux injonctions ?
Base légale : art.
18,
21, Loi 10 juillet 1965,
art. 18,
26,
49 Décret 17
mars 1967
Selon votre position au sein de la copropriété, vos injonctions
n'auront pas la même portée auprès d'un syndic qui peut
être fort occupé à gérer vos affaires courantes.
C'est pourquoi il importe de bien respecter les procédures prévues
pour se faire correctement entendre.
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Les injonctions des copropriétaires
En tant que copropriétaire vous n'avez aucune injonction à
donner au syndic. Ceci est encore plus vrai si vous êtes locataire.
Il n'est même pas tenu d'accepter de vous prendre au téléphone.
Cependant, dans un souci d'efficacité, un syndic consciencieux devrait
vous entendre si vous lui signalez un dysfonctionnement au sein de l'immeuble,
ou si vous avez un renseignement à demander que lui seul peut vous
fournir (en vue d'un achat/vente, ou un plan de vos lots pour vérification,
pour mettre en oeuvre l'assurance de l'immeuble, etc.). Pour tout autre
problème, vous devez vous adresser au conseil syndical.
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Les injonctions du conseil syndical
Le conseil syndical dispose d'un droit de regard permanent (il contrôle
et assiste le syndic dans sa gestion, art.
21 Loi 1965). Il est
également associé à l'élaboration du budget
prévisionnel (art.
26, Décret 1967).
Enfin, son président constitue l'interlocuteur entre les
copropriétaires et le syndic ; toute contestation doit au préalable
transiter par lui.
Ceci signifie que si le syndic passe outre ces injonctions, il engage sa
responsabilité professionnelle. En revanche,
le conseil syndical ne peut obliger de sa propre initiative le syndic à
engager des travaux ou des dépenses qui n'ont pas été
votées en assemblée générale. Si cela était
le cas, le syndic aurait alors l'obligation de refuser d'obtempérer.
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Les injonctions de l'assemblée
générale
Un syndic qui refuse de se plier aux injonctions de l'assemblée
générale, non seulement engage sa
responsabilité professionnelle (manquement
aux règles impératives de l'art.
18 Décret 1967),
mais peut encore être révoqué sans
indemnisation ni préjudice. Cette situation nécessite la
désignation d'un administrateur judiciaire, à la demande expresse
de tout copropriétaire qui aura à cette fin saisi en
référé le Tribunal de grande instance (pour plus de
précisions, consultez La
copropriété en crise).
Le syndic qui tarde à exécuter les décisions de
l'assemblée générale s'expose à se voir
considéré en état de carence, permettant la
désignation d'un administrateur provisoire chargée
d'éxécuter la décision litigieuse selon la procédure
de l'art. 49 du décret
de 1967 (ainsi du licenciement du concierge - CA Paris 14e Ch. A, 7 juin
2000)
Le
syndic a cependant obligation de passer outre les décisions de
l'assemblée générale pour faire procéder à
des travaux nécessaires à la sauvegarde de l'immeuble. Il
a obligation de faire passer le maintien de l'immeuble avant les
intérêts financiers de ses propriétaires.
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Les injonctions des tiers à la
copropriété
Si vous êtes tiers à une copropriété, et si son
syndic refuse d'obtempérer à vos injonctions (vous régler
une facture pour une prestation que vous auriez exécutée, p.
ex.), vous pouvez après mise en demeure restée infructueuse,
vous adresser à justice en assignant solidairement le syndic et
le syndicat des copropriétaires. Cette exigence d'une double mise
en cause est dûe au fait que le syndic n'étant que mandataire,
il est présumé agir sur ordre de son mandant ; pour vous, c'est
en toute hypothèse une garantie de solvabilité.
Signalons enfin qu'en cas de réticence du syndic
à effectuer certains actes, l'Association des Responsables de
Copropriété (A.R.C.) conseille aux conseillers syndicaux d'envoyer
au syndic un courrier recommandé A.R. ainsi rédigé :
"Monsieur,
Bien que le conseil syndical vous ait à plusieurs reprises
demandé de bien vouloir ..., comme cela ressort (préciser ici
: soit de vos attributions, soit de telle décision de l'assemblée
générale), rien ne semble avoir été fait à
ce jour.
Nous nous permettons de mettre par la présente en demeure de ...,
et de nous adresser, une fois l'exécution accomplie, tout justificatif
suffisant en ce sens.
A défaut, le conseil syndical se verra contraint d'engager à
votre encontre une procédure de révocation pour carence, comme
le lui permet l'article 8 du décret du 17 mars 1967.
En espérant ne pas avoir à recourir à une telle
extrémité, et dans l'attente d'une prompte réponse de
votre part satisfaisant notre demande, nous vous prions d'agréer
l'expression de nos meilleures salutations.
Signé : le conseil syndical par la voie de son(a) président(e)
M(me) ..."
© Serge DIEBOLT
- Avocat à la Cour - "Droit pour
Tous" - 2001