Comment changer de syndic ? Désigner et révoquer un
syndic : recommandation de la CrC
Base légale : Recommandation CrC n°15
La commission nationale relative à la copropriété a
publié une recommandation n°15 consacrée :
-
à la désignation du syndic et la durée de ses fonctions
;
-
aux initiatives à prendre en cas de révocation ou de
démission du syndic.
1 - Désignation du syndic et durée de ses fonctions
La Commission rappelle tout d'abord que le syndic est lié au syndicat
de copropriétaires, dont il est le représentant légal,
par un contrat de mandat à durée déterminée.
Ses fonctions revêtent un caractère personnel.
Il s'ensuit que lorsque le mandat du syndic a pris fin, celui-ci n'a plus
qualité pour représenter le syndicat qui, dès lors,
est dépourvu de syndic ; ce dernier ne peut directement ou indirectement
être reconduit d'une manière tacite ou automatique lorsque son
mandat est parvenu à son terme,
Par ailleurs, le syndic, personne physique ou morale, ne peut céder
sa "clientèle de syndicat" par une simple substitution. Le cessionnaire,
ell n'est pas désigné par l'assemblée générale,
ne peut assumer la représentation et la gestion du syndicat.
Au vu de ces principes, la Commission recommande :
a) Quant à la désignation du syndic
-
de rédiger la décision de désignation de telle manière
qu'il n'existe aucun doute sur l'identité de la personne ayant la
qualité de "syndic en exercice", et à l'effet de remplir cette
condition : nom, prénom, domicile ou adresse pour les personnes physiques
; forme, dénomination, siège social, organe représentatif
pour les personnes morales ;
-
de ne pas utiliser l'enseigne sous laquelle le syndic exploite son cabinet,
sauf si elle est identique à la dénomination de la personne
morale ;
-
de préciser le n° de la carte professionnelle "gestion
Immobilière" du syndic désigné, et la préfecture
qui a délivré cette carte ainsi que le nom et l'adresse du
garant, si l'intéressé est soumis aux dispositions de la loi
du 2 janvier 1970 réglementant les conditions d'exercice des
activités relatives à certaines opérations portant sur
les Immeubles et les fonds de commerce ;
-
d'observer la recommandation n°14 sur le compte séparé.
b) Quant à la durée des fonctions du syndic
-
de s'abstenir d'utiliser des formules telles que "le syndic est
désigné pour une durée de qui commence le ............
pour se terminer lors de l'assemblée générale ayant
à approuver les comptes de l'exercice clos le ....................",
-
d'utiliser, au contraire, des formules dénuées de toute
ambiguïté telles que "le syndic est nommé pour une durée
de .................. qui commencera le ................. et se terminera
le .................".
2 - Révocation ou démission du syndic
Pendant la durée fixée par la décision de l'assemblée
générale, le syndic peut être révoquée
à la majorité prévue par l'article 25 de la loi du 10
juillet 1965, le motif de cette révocation devant être porté
à la connaissance du syndic et de l'assemblée générale.
Pendant la même durée, le syndic peut mettre fin à ses
fonctions sous réserve que cette renonciation ne préjudicie
pas à son mandat, le syndicat.
La Commission rappelle, toutefois :
-
que si la révocation du syndic intervient sans motif grave et
légitime, ou si la démission de celui-ci est jugée abusive,
les tribunaux peuvent allouer des dommages-intérêts au syndic
ou au syndicat, selon le cas, pour réparer le préjudice ;
-
que si sa dimension ou sa révocation prend effet immédiatement,
le syndic démissionnaire ou révoqué ne peut recevoir
la mission d'expédier les affaires courantes en attendant la nomination
d'un nouveau syndic ;
-
que si le syndic s'est démis de ses fonctions sans avoir
préalablement convoqué une assemblée générale
à l'effet de pourvoir à son remplacement, tout
intéressé peut présenter au tribunal de grande instance
tendant à la désignation d'un administrateur provisoire
chargé notamment de convoquer l'assemblée en vue de désigner
un nouvea u syndic.
Afin d'éviter que ces dispositions ne trouvent à s'appliquer,
la Commission recommande :
a) si l'assemblée générale décide la révocation
du syndic, qu'elle prenne, en même temps, la décision de nommer
le nouveau syndic de manière à éviter toute
discontinuité dans les fonctions. En conséquence, l'ordre du
jour devra comporter deux questions séparées, la première
relative à la révocation du syndic en fonction, la seconde
la nomination du nouveau syndic ; un vote séparé devra intervenir
sur chacune d'elles si une réponse positive est donnée à
la première. Il conviendra de notifier, en même temps que l'ordre
du jour, les conditions essentielles du nouveau contrat de syndic.
b) si le syndic envisage de donner sa démission, que cette décision
soit présentée à l'assemblée générale.
En conséquence, le syndic qui entend démissionner devra : informer
le conseil syndical de son intention de convoquer l'assemblée
générale pour lui notifier sa démission et l'inviter
à désigner son successeur, proposer un délai avant la
prise d'effet de sa démission, convoquer l'assemblée
générale avec, à l'ordre du jour, les deux questions
suivantes "démission du syndic à compter du .............."
et "désignation du nouveau syndic à compter du
...................."
Par ailleurs, la Commission des clauses abusives a publié une
Recommandation n°96-01 (elle n'a pas de caractère impératif
pour les parties) qui tend à obtenir la suppression ou la modification
de certaines clauses jugées abusives dans les contrats avec les syndics
:
-
Changement de syndic : la Commission suggère au syndic dont
le mandat n'est pas renouvelé, de transmettre à son successeur,
dans le mois suivant la cessation de ses fonctions, les documents qu'il
détient relatifs à la copropriété, afin de permettre,
sans heurt, la continuité de gestion.
-
Comptabilité : la Commission recommande au syndic de tenir
pour chaque syndicat de copropriétaires une comptabilité
séparée qui fait apparaître la position de chaque
copropriétaire à l'égard du syndicat, ainsi que la situation
de trésorerie du syndicat.
-
Compte séparé : la Commission préconise aux syndics
que la question de l'ouverture du compte séparé soit posée
clairement lors de l'assemblée générale qui a à
en connaître et recommande d'en expliquer les avantages et les
inconvénients et d'indiquer que, pour un compte séparé,
le syndicat aura le droit de désigner la banque ou le centre de
chèques postaux. La décision prise par l'assemblée
générale, ne doit laisser aucune équivoque.
De son côté, la Commission nationale relative à la
copropriété a publié une Recommandation n°14 concernant
le compte bancaire ou postal séparé. Il est ainsi recommandé
au syndic :
1 - Pour l'information des copropriétaires
-
de présenter, de manière distincte, lors de la convocation
à l'assemblée générale, la question relative
au compte séparé, afin qu'elle fasse l'objet d'un vote
spécifique ;
-
d'exposer, à l'assemblée générale, les
avantages et les inconvénients du compte séparé au nom
du syndicat, d'une part, et du compte personnel du syndic, d'autre part,
pour la bonne gestion de la copropriété, la tenue des comptes,
la garantie financière des fonds détenus par autrui ... ;
-
de ne pas présenter, si le compte professionnel du syndic comporte
des sous-rubriques ou des rubriques par mandant, un de ces sous-comptes ou
une de ces rubriques comme étant un compte séparé ouvert
au nom du syndicat (ces sous-comptes ou rubriques font en effet partie du
compte professionnel du syndic) ;
-
d'informer les copropriétaires qu'en cas de vote pour l'ouverture
d'un compte séparé, l'assemblée générale
a le droit de désigner la banque ou le centre de chèques postaux
auprès duquel le compte sera ouvert.
2 - Concernant le libellé de la question et du projet de
résolution
-
de rédiger la question et de l'inscrire à rordre du jour
de manière à faite apparaître le droit pour les
copropriétaires, "d'opter pour l'ouverture ou la non ouverture du
compte bancaire ou postal séparé au nom du syndicat,
Si un compte séparé n'a pas déjà été
ouvert au nom du syndicat, la commission recommande au syndic :
-
de joindre à la convocation de l'assemblée
générale un projet de résolution rédigé
en ces termes : "l'assemblée générale, invitée
à se prononcer sur la question d'ouvrir ou non un compte bancaire
ou postal séparé au nom du syndicat, décide d'ouvrir
le compte" ;
-
de porter au procès-verbal de l'assemblée le texte de
la délibération ainsi rédigé : "décision
d'ouvrir le compte bancaire ou postal séparé au nom du syndicat
(avec indication facultative du centre de chèques postaux ou de la
banque)".
Résultat du vote : pour contre abstention (le compte séparé
devra être ouvert si le nombre de voix "pour" représente la
majorité des voix de tous les copropriétaires).
Si un compte séparé est déjà ouvert au nom
du syndicat, la commission recommande au syndic :
-
de joindre à la convocation de l'assemblée
générale un projet de résolution rédigé
en ces termes : "l'assemblée générale, invitée
à se prononcer sur la question d'ouvrir ou non un compte bancaire
ou postal séparé au nom du syndicat, décide de maintenir
le compte séparé ouvert auprès ....... (avec indication
du centre de chèques postaux ou de la banque)" ;
-
de porter, en outre, au procès-verbal de l'assemblée
le texte de la délibération ainsi rédigé :
"décision de maintenir le compte bancaire ou postal séparé
au nom du syndicat ... (avec indication du centre de chèques postaux
ou de la banque)".
Résultat du vote : pour ...... contre ....... abstention ...... (Si
le nombre de voix "pour" représente la majorité des voix de
tous les copropriétaires, la décision de maintenir le compte
séparé sera adoptée).
Par ailleurs, la Commission confirme qu'à défaut de décision
prise à la majorité des voix de tous les copropriétaires
(art. 25 de la loi de 1965), Il ne peut pas être procédé
à une nouvelle assemblée générale pour voter,
cette fois, à la majorité des voix des copropriétaires
présents et représentés (art. 24 de la loi de 1965),
l'ouverture ou non d'un compte séparé.
Nota : un avis au J.O. du 9 août 1996 prévoit qu'un label pourra
être attribué aux syndics s'engageant sur la qualité
et la transparence de leurs services. Il est établi un cahier des
charges que les syndics devront suivre pour obtenir ce label délivré
par Qualité France (s'adresser pour connaître les syndics titulaires
du label à Qualité France, 18 rue Volney, 75002 Paris - Tél.
: 01 42 61 58 23).
© Serge DIEBOLT
- Avocat à la Cour - "Droit pour
Tous" - 2001