Les travaux d'un copropriétaire affectant les parties communes
Base légale : art. 25 b, 30 Loi 10 juillet 1965
Chaque copropriétaire est libre de l'aménagement de son lot
privatif, dès lors que les parties communes ne sont pas concernées.
Mais si vos travaux affectent d'une manière ou d'une autre les parties
communes, vous devez impérativement :
-
demander l'autorisation préalable de l'assemblée
générale ; une disposition spécifique est prévue
à l'art. 25 b) de la Loi de 1965.
-
réunissez tous les éléments d'information (plan
d'architecte, rapports d'experts ou d'urbanisme si besoin, attestations
d'assurance) permettant à l'assemblée de prendre sa décision
de manière éclairée
Vous n'êtes
pas tenu de vous plier aux formalités prévues à
l'art. 11-4) du Décret, qui ne vise que les transactions, devis ou
marchés soumis à l'assemblée (CA Paris 23e Ch. B, 10
mai 2001).
-
communiquez tous ces documents au syndic en lui demandant, dans les délais,
de porter ce point à l'ordre du jour (cliquer ici pour savoir
comment faire)
-
si vous êtes pressé, vous pouvez demander au syndic de convoquer
une assemblée générale "extraordinaire" (ce terme n'a
pas d'existence juridique ; il s'entend couramment d'une assemblée
convoquée avant son terme habituel) ; l'équité commande
que vous assumiez les frais de cette assemblée.
-
assumer les frais des travaux envisagés, de sorte que la
copropriété n'ait rien à débourser.
-
Certains travaux ont un régime hybride ou incertain. Cliquez ici pour
plus de précisions.
Moyennant satisfaction de ces conditions, l'assemblée ne peut
pas refuser son autorisation. A moins :
-
que les travaux aient débuté avant que l'autorisation n'ait
été accordée et qu'un préjudice soit encouru
; à défaut de quoi le refus d'une régularisation a
posteriori sera difficile à justivier ;
-
que des considérations sérieuses tenant à la solidité,
la destination de l'immeuble, ou un risque prévisibles de nuisances
... justifient un refus que l'assemblée se devra, sous peine de censure
judiciaire, de motiver.
Si la copropriété n'a pas de raison valable vous serez
autorisé par le tribunal à engager les travaux que vous envisagiez.
Cliquez ici pour plus de détails sur cette
procédure.
La sanction en cas d'absence d'autorisation est sévère
: c'est la démolition et remise en état. Cliquez ici pour
plus de détails.
Tout droit qui vous est octroyé est acquis. Mais vous
êtes responsable des défauts de réalisation, et si vous
avez entrepris des travaux différents de ceux autorisés, vous
redevenez sanctionnable au même titre qu'un copropriétaire ayant
fait des travaux sans autorisation. Vous devez, si vous ne voulez pas être
condamné à démolition, faire ratifier vos travaux par
l'assemblée générale... si vos voisins y sont encore
disposés.
© Serge DIEBOLT
- Avocat à la Cour - "Droit pour Tous" - 2002