Base légale : loi 86-18 du 6 janvier 1986, art. 580 du Code civil, droit international
La multipropriété est divisible en deux catégories qu'il ne faut pas confondre :
Le time-share ne consiste donc pas en une véritable propriété immobilière ; c'est pourquoi le concept n'a pas connu un grand succès en France, où la législation est très protectrice du consommateur. Son succès fut par contre foudroyant à l'étranger, dans les pays où le législateur est moins vigilant.
Le time-share : un système légal mais très risqué
Les consommateurs de time-share sont généralement soit des touristes de passage, soit des personnes démarchées, à qui l'on va jusqu'à offrir des billets d'avion. Rarissimes sont les clients spontanés de time-share. Ils subissent le plus souvent le harcèlement de vendeurs aux méthodes parfois musclées, consistant au minimum à valoriser une formule de vacances aux avantages présentés comme mirobolants. La découverte de la réalité est parfois extrêmement amère, car les clients croyant avoir acheté une part de propriété découvrent qu'ils n'ont qu'un droit de temps d'occupation, que dans certains cas le promoteur ne s'est même pas engagé à garantir.
Le time-share est basé sur mécanisme de droit anglais nommé trust (confiance, en anglais). Il repose sur la confiance qu'accorde une personne à une autre, nommée trustee, en lui confiant une somme ou un bien, à charge d'accomplir une certaine prestation. C'est donc une opération risquée, car tout repose sur la probité du trustee. Et de fait, emboîtant le pas à des multinationales aux qualités reconnues et réelles, certains promoteurs sans scrupules ont pu monter de véritables plans d'escroquerie de grande ampleur, abusant des milliers de clients avant de disparaître en organisant le plus souvent une faillite frauduleuse.
Le mécanisme est simple, dès lors que vous disposez d'un minimum de fonds à investir :
Récemment, une nouvelle forme d'activité plus subtile a vu
le jour, souvent organisée par les sociétés de
time-share elles-mêmes, par le biais de la création de
filiales : le rachat de parts de time-share. Le mécanisme est
simple : les mécontents du système étant nombreux, et
leurs parts étant invendables sur les marchés immobiliers
classiques, il suffit de leur proposer de racheter à vil prix.
Généralement, pressés de se défaire de leurs
actions et persuadés qu'en définitive il vaut mieux tirer quelques
dollars que rien de parts dont ils ne pourront pas profiter, ils acceptent.
Il vous suffit ensuite de les revendre à votre maison mère
qui les réinjectera sur le marché au prix nominal. Le
bénéfice est double : gain sur le prix de revente, et absence
de nécessité pour la maison mère d'agrandir son parc
immobilier.
On me signale une forme encore plus subtile de proposition de "rachat" ; sous prétexte d'une mise en conformité avec la règlementation européenne (ou d'autres prétextes comme la recherche dans un fichier de demandeurs (non garantis, évidemment), certaines personnes se voient offerte la proposition d'un rachat de leur part, moyennant le versement préalable d'une somme d'argent. Un seul réflexe, si l'on vous réclame préalablement de l'argent : refusez de payer quoi que ce soit. Un acheteur véritable vous propose de l'argent pour votre bien, non l'inverse.
Car le point faible du système réside dans ce que l'on nomme l'effet de réseau, qui touche aussi bien les constructeurs immobiliers que les opérateurs de téléphonie ou les fournisseurs d'accès à Internet (pour ne citer qu'eux). Le promoteur vend un temps de jouissance dans un ensemble immobilier, mais aucun texte ne le contraint à proportionner rigoureusement ses ventes au parc effectivement construit. De sorte qu'il peut vendre plus de temps qu'il ne peut en octroyer, tant qu'une partie des sommes encaissées se trouve réellement affectées à de nouvelles constructions. Le système peut alors prospérer exponentiellement, jusqu'à ce qu'explose le nombre des mécontents ; il arrive également que le promoteur, sans être un foncier escroc, ne parvienne pas à tenir ses promesses, ou désire accroître le rendement de son affaire au détriment de sa pérennité, et que son parc immobilier se dégrade et dépérisse. Les constructions neuves qui chatoyaient sur les catalogues peuvent alors se révéler des cubes de bétons lézardés de fissures, dont la plupart des équipements, construits à la hâte, sont hors d'usage.
Cela dit, les sociétés de time-share ne constituent pas toutes des escroqueries, loin s'en faut. Mais il est utile de connaître leur mécanisme, car nul n'est à l'abri d'abus ou d'errances de gestion, et car le mécanisme juridique du trust ne confère strictement aucune garantie au consommateur.
Quelques précautions à respecter avant d'acheter
Le time-share n'est viable que si vous satisfaites simultanément à plusieurs conditions :
Les autres multipropriétés
L'idée fondatrice des multipropriétés n'est pourtant pas mauvaise.
S'il est en effet intéressant de posséder une propriété dans un endroit propice aux vacances, l'immeuble a l'inconvénient de rester vide le plus clair du temps. De plus, vous pouvez trouver agréable de changer de temps en temps de lieux de villégiature, ce qui rend pesante la possession d'un pied-à-terre fixe.
D'où l'idée de mettre en relation des personnes aux besoins
complémentaires par le biais des bourses d'échange de logements
de vacance, en organisant une sorte de partage du temps. Le concept s'est
industrialisé par la création d'entreprises
spécialisées, qui organisent ce partage au sein de vastes
opérations immobilières.
Mais on sest aussi rendu compte que cette formule pouvait présenter
un intérêt dans des domaines autres que celui des loisirs, pour
des opérations qui visent à la construction dimmeubles
spécialisés devant être utilisés à des
périodes déterminées de lannée par des
personnes différentes, ce qui est le cas de bâtiments destinés
à recevoir les exposants à des salons ou expositions. Bien
plus, cette formule a débordé du cadre de la construction à
usage dhabitation, industriel ou commercial. Elle a trouvé,
notamment, un emploi dans les ports de plaisance, pour la possession dun
emplacement de bateau, du bateau lui- même, ou pour lusage à
temps partiel de courts de tennis. C'est principalement dans ce cadre qu'il
est fait appel à la législation française sur la
multipropriété.