La copropriété en crise - Quand un trouble présente-t-il
un caractère collectif, permettant une action du syndicat ?
Base légale : art.
15 Loi 10 juillet
1965
Pour qu'un trouble soit qualifiable de collectif il faut qu'il affecte les
parties communes, ou concerne chaque copropriétaire de manière
si uniforme qu'il se confond alors avec un trouble à la
collectivité.
Ce peut être :
-
un trouble de jouissance
-
qui affecte les parties communes et les parties privatives (à condition
qu'elles soient en totalité et uniformément concernées).
Ainsi de l'empoussièrement d'un immeuble du fait des
activités d'une usine voisine (Cass. 10 oct. 1994)
-
qui affecte uniformément toutes les parties privatives
Ainsi de l'interruption d'un chauffage collectif (Cass. 4 juin 1986)
; les nuisances sonores d'une boîte de nuit (Cass. 28 janv.
1987)
-
qui affecte les parties privatives et trouve son origine dans les parties
communes ; le syndicat peut agir en réparation des dommages causés
aux copropriétaires dans leurs parties privatives.
Ce cas concerne principalement les infiltrations, permettant à
la copropriété d'agir en garantie contre les prestataires ayant
posé des canalisations défectueuses ; l'objet de la procédure
est de permettre l'indemnisation des copropriétaires par l'assurance
de la copropriété (Cass. 16 mars 1988).
Il faut que le dommage soit éprouvé de manière uniforme
par les copropriétaires, qui sont indemnisés forfaitairement
; à défaut de quoi chacun devra agir à titre personnel
pour s'il veut percevoir une indemnisation adaptée à son
cas.
-
qui affecte les parties privatives " de manière indivisible
" (Cass. 27 fév. 1988) ou quand il y a " une étroite
connexité entre les dommages affectant les parties privatives et les
parties communes " (CA Paris 23e B, 9 fév. 1989)
-
des vices
qui affectent de manière généralisée l'ensemble
du bâtiment (Cass. 14 fév. 1990)
Ainsi de nuisances acoustiques provenant des canalisations, de mauvaises
odeurs imputables à des gaines de ventilation (Cass. 6 mars 1990),
des défauts de conformité, de vices
cachés...
-
un trouble quelconque
dès lors qu'il est éprouvé par la collectivité
toute entière
Ainsi du défaut de paiement de ses charges par un
copropriétaire (Cass. 27 nov. 1990)
-
un trouble affectant les parties communes spéciales, dès
lors que cette qualité est précisée par le règlement
de copropriété (Cass. 20 nov. 1996)
© Serge DIEBOLT
- Avocat à la Cour - "Droit pour Tous" - 2001