La lutte contre le bruit en immeuble
Base légale : Art. R 48-2 Code de la santé publique
(troubles de voisinage), Art. R. 623-2 du Code pénal (tapage nocturne),
art. 54 réglement sanitaire départemental (construction)
Le bruit constitue la nuisance la plus courante de la copropriété.
Avant d'introduire toute plainte en justice, il convient d'effectuer plusieur
vérifications préalables :
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Identifier le type de nuisance sonore :
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Aérienne : il s'agit des bruits transmis par l'air. Voix, musique,
télévision, etc. Ne pas confondre avec les avions, dont la
source est extérieure à la copropriété.
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Structurale : il s'agit des impacts ou chocs sur la structure de
l'immeuble.
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Equipements : ce sont les bruits émis par les équipements
du bâtiment (privatifs : robinets, canalisations ; ou communs :
machineries, vide-ordure, chaufferie...)
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Identifier la cause de la nuisance :
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Intrinsèque : il s'agit des qualités d'isolations phoniques
propres à l'immeuble. Ainsi, il est admis que les constructions en
béton propagent un bruit plus important que les constructions
traditionnelles, avec planchers en parquet sur poutres (c'est pourquoi de
tels appartements modernes sont fréquemment livrés avec les
sols recouverts de moquette).
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Extrinsèques : il s'agit du bruit provoqué par vos voisins
et de son caractère ou non excessif (tenir compte pour
l'appréciation de ce paramètre du caractère
intrinsèque préalablement exposé.
Vous pourrez ainsi apprécier la nature et la hauteur de la nuisance,
pour éventuellement vous en prévaloir devant les autorités
compétentes.
Quelques points bons à savoir :
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Depuis 1969, il existe des normes en termes d'insonorisation ; mais elles
ne s'appliquent qu'aux logements à la date de leur construction, et
non au parc existant.
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Vous ne pouvez pas contraindre un copropriétaire à isoler son
logement ; vous pouvez au juste le contraindre à adopter un comportement
moins bruyant. De même, vous ne pourrez contraindre une
copropriété à isoler la totalité de l'immeuble,
à moins qu'une majorité de copropriétaires vous suive.
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Si votre voisin baisse, par contre, les performances acoustiques de son logement
(s'il remplace une moquette par du carrelage, p.ex.), vous pourrez alors
faire valoir le respect des normes acoustiques de 1969, dans la mesure où
ces travaux touchent l'ensemble de son appartement (ou la majeure partie).
La jurisprudence considère que, dans la mesure où il s'agit
d'une modification des conditions de jouissance d'un lot, l'approbation de
la copropriété doit être obtenue par le copropriétaire,
avant d'effectuer ses travaux.
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Les équipements communs sont soumis aux normes sonores suivantes :
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NIVEAU MAXIMAL ADMIS
de pression acoustique du bruit transmis dans le local d'habitation |
| Bruits engendrés par des équipements : |
Pièces principales |
Cuisines |
| individuels (robinets, chasses d'eau) |
35 dB(A) |
38 dB(A) |
| collectifs (ascenseurs, chaufferie...) |
30 dB(A) |
38 dB(A)
sauf VMC : 35 dB(A) |
Démarches à effectuer :
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Il convient de tenter d'abord de tenter une négociation à l'amiable
avec votre voisin, fauteur de trouble.
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Vous pouvez également recourir à la conciliation devant un
médiateur ; contactez votre mairie pour obtenir ses coordonnées
; ce recours est gratuit.
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Vous pouvez également, si vous êtes en immeuble et que le bruit
a lieu de nuit, contacter la police ; sa présence suffit souvent à
dissuader les fauteurs de trouble.
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Enfin, si toutes les démarches précédentes ont
échoué, il ne vous reste que l'action judiciaire. Celle-ci
peut être civile (indemnisation) ou pénale (en cas de tapage
nocturne).
Site à visiter :
Un site remarquable vous explique tout ce que vous avez toujours voulu savoir
sur le bruit et les moyens d'y remédier : le CIDB (Centre d'Information
et de Documentation sur le Bruit). Vous pouvez le consulter sur www.cidb.org
ou en cliquant ici.
© Serge DIEBOLT
- Avocat à la Cour - "Droit pour
Tous" - 2002