La procédure de référé ou de requête devant
le Tribunal de Grande Instance (ou son président)
Base légale : art. 19, 19-2, 29-1, 29-2, 29-4
Loi 10 juillet 1965, art.
49, 50, 55, 62-5 Décret
17 mars 1967
Qu'il s'agisse d'une requête ou d'une assignation en
référé, la procédure de dépôt de
votre acte au greffe du tribunal sera identique. La différence
réside en ceci que la requête n'a pas à être
signifiée par voie d'huissier à votre adversaire.
Le référé
Le référé revêt en matière de
copropriété des caractéristiques particulières.
La loi de 1965 et son décret autorisent en effet les copropriétaires
à saisir le président du tribunal de grande instance qui statue
"comme en matière de référé". Alors que
pour le référé classique ne peuvent être
soulevées en référé que les questions relevant
de l'évidence (des "troubles manifestement illicites"), le
copropriétaire pourra évoquer directement des problèmes
de fond. C'est pourquoi la doctrine donne au référé
de copropriété le nom de "référé au
fond".
Attention : certains termes sont trompeurs. Quand la loi
énonce "demander au juge, statuant en référé"
(art. 18-2 Loi 1965), il s'agit d'un référé classique,
et non d'un référé au fond.
Ceux-ci sont légalement et restricivement énumérés,
car ils ne comportent que des avantages :
-
ils ont la rapidité procédurale du référé,
qui est la procédure d'urgence
-
ils se plaident devant le président du tribunal de grande instance
; toutes les questions de la copropriété peuvent être
soulevées devant lui, quel que soit le montant en jeu
-
il n'est pas nécessaire de se faire représenter par un avocat
(pour éviter le débouté, il est toutefois fortement
conseillé de faire viser vos écriture par un professionnel
du droit lors d'une consultation en cabinet)
-
le juge des référés "normaux" ne rend que des ordonnances
provisoires qui n'ont pas autorité de chose jugée ; le juge
des référés au fond rend des décisions
exécutoires de plein droit
-
pour qu'une procédure en référé "normale" soit
recevable, il faut en démontrer l'urgence et la nécessité
; ces conditions ne sont pas requises pour le référé
au fond.
La procédure de référé au fond, exhorbitante
du droit commun, n'est prévue que dans un nombre restreint de cas
de figure. Avant d'entamer une action, vérifiez bien que vous tombez
dans un cas prévu par les textes.
-
Le référé au fond est prévu aux articles :
-
Il institue le président du tribunal de grande instance en juge de
référé pour les questions suivantes :
-
récupération des archives et/ou fonds auprès de l'ancien
syndic
-
mainlevée de l'opposition au versement du prix qui peut être
formée par le syndic (art. 20 Loi 1965), en cas de vente d'un lot
-
mainlevée totale ou partielle, sous condition d'une offre de paiement
suffisante ou d'une garantie équivalente, de l'inscription
d'hypothèque prévue à
l'art. 19 Loi 1965
-
condamnation d'un copropriétaire débiteur à s'acquitter
des provisions votées en assemblée générale
(art. 19-2 Loi 1965)
-
rétractation d'une ordonnance sur requête prévue par
les art. 46,
47,
48 Décret 1967
-
désignation d'un administrateur provisoire, d'un mandataire de justice
ou d'un copropriétaire à l'effet de convoquer une assemblée
générale, en cas de carence du syndic.
-
administration directe de la copropriété par le juge en cas
de péril ou de déséquilibre financier
Si votre cas ne ressortit pas de ces dispositions, vous pourrez intenter
un référé classique (dans les conditions
évoquées ci-dessus), ou une procédure au fond,
c'est-à-dire devant une juridiction de droit commun et sans
procédure accélérée. Si le montant en jeu est
supérieur à 50.000 F ou si les textes vous imposent de saisir
le tribunal de grande instance, vous devrez obligatoirement prendre un avocat.
Comment introduire un référé ou une requête
?
-
Rendez-vous au Tribunal de grande instance (TGI) du lieu de l'immeuble
(sauf pour les cas où votre cas relève du tribunal d'instance
- cliquer ici pour plus de détails sur la juridiction
compétente)
-
Assurez-vous que vous assignez devant le bon tribunal, sinon votre demande
sera irrecevable. Pour connaître le TGI correspondant à la commune
de votre immeuble, consultez le site
service-public.
-
Une fois au tribunal, allez au BRA (Bureau de Renseignement des Avocats).
-
Achetez un modèle d'assignation en référé
ou requête TGI
-
Remplissez-le avec soin : exposez clairement vos motifs, apportez la preuve
de tout ce que vous avancez.
-
Faites 3 photocopies de votre acte, une fois celui-ci rédigé.
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Allez au greffe demander une date d'audience
Les tribunaux jugent "sur rendez-vous" ; c'est l'objet de la date d'audience,
que vous fixera le greffe.
-
Allez voir un huissier pour qu'il signifie votre assignation (sauf
requête)
Une assignation doit, pour être valide, être délivrée
à la personne que vous assignez par le biais d'un formalisme particulier,
qu'accomplit l'huissier par "signification". N'oubliez pas d'inclure les
frais d'huissier dans vos demandes (si votre adversaire perd, les frais de
justice seront acquittés par lui, mais il ne sera condamné
à vous rembourser les frais de procédure que si vous le demandez,
en invoquant l'art. 700 NCPC. Terminez donc votre demande par : "S'entendre
condamner à verser ... (Francs ou Euro) au titre de l'art. 700 du
NCPC").
© Serge DIEBOLT
- Avocat à la Cour - "Droit pour
Tous" - 2000