Les zones d'attente

(art. L 221-1 à L 224-4 du CESEDA)


Quelques chiffres sur les zones d'attente

  • Qu'est-ce, et dans quels cas êtes-vous maintenu en zone d'attente ?
    • Qu'est-ce ?
      Une zone d'attente est un lieu où vous êtes maintenu à proximité ou à l'intérieur des gares, ports ou aéroports si vous n'êtes pas admis sur le territoire français.
    • Dans quels cas pouvez-vous être maintenu en zone d'attente ?
      vous pouvez être maintenu en zone d'attente si vous arrivez en France par la voie maritime, aérienne ou ferroviaire, dans les cas suivants :
      • si l'accès au territoire français vous est refusé
        dans ce cas, le maintien en zone d'attente n'est autorisé que pendant le temps strictement nécessaire à votre départ
      • si vous demandez l'asile politique :
        Vous pouvez être placé en zone d'attente pendant le temps strictement nécessaire à un examen tendant à examiner si votre demande n'est pas "manifestement infondée".
      • si vous êtes en transit et si l'embarquement vers le pays de destination finale vous a été refusé ou si vous avez été refoulé vers la France par les autorités de ce pays
  • Vous disposez de recours en cas de refus d'entrée en France.
  • Si vous êtes demandeur d'asile, le recours est spécifique.
  • La prise de décision :

    Le maintien en zone d'attente est décidé par le chef de service de contrôle aux frontières ou un fonctionnaire désigné par lui .
    La décision doit être écrite, motivée et inscrite sur un registre spécial mentionnant votre état-civil et la date et l'heure auxquelles la décision vous a été notifiée.

  • Quelle est la durée du maintien en zone d'attente ?

    Il est d'une durée maximale de 48 heures, renouvelable une fois : soit 4 jours en tout.
    Au-delà, l'Administration ne peut prolonger elle-même le maintien en zone ; elle devra faire intervenir le juge.

  • En ce qui concerne les mineurs isolés en zone d'attente, le 21 septembre 2000, la Commission nationale consultative des droits de l'homme a rendu un avis : elle a rappellé que l'admission des mineurs sollicitant l'asile doit être immédiate et demande que cette position soit étendue aux cas de mineurs non demandeurs d'asile et elle préconise 1) qu'il ne soit fait aucune distinction d'âge entre mineurs de plus et de moins de seize ans, 2) que le statut de minorité soit acquis dès lors que l'étranger se déclare mineur, 3) que le procureur de la République soit immédiatement avisé de la décision de retenue d'un mineur 4) et que le président du Tribunal désigne un administrateur ad hoc qui assistera le mineur dans toutes les procédures le concernant jusqu'à ce que le mineur bénéficie d'une tutelle ou d'une mesure de placement ou soit amené à quitter le territoire.
    • ainsi, le procureur de la République doit désigner un administrateur ad hoc qui assiste le mineur durant la procédure
  • Quels sont vos droits ?
    • Vous devez être immédiatement informé de vos droits et de vos devoirs, par un interprète si nécessaire
    • Mention doit être faite sur le registre spécial, signé par vous, que cette formalité a été accomplie.
    • Vous pouvez demander l'assistance d'un médecin et d'un interprète.
    • Vous pouvez communiquer avec un avocat ou toute personne de votre choix (famille, amis, etc...).
    • Vous pouvez bénéficier de l'aide juridictionnelle.
    • Vous pouvez passer des appels téléphoniques.
      Mais les appels autres que ceux adressés à un interprète, à un médecin, à la personne chez qui vous deviez vous rendre, sont à vos frais.
    • Certaines associations humanitaires sont présentes dans les zones d'attente pour vous aider ; il s'agit de : la Croix Rouge Française, l'ANAFE, Amnesty International, la CIMADE, France Terre d'Asile.
      N'hésitez pas à prendre contact avec elles.
    • L'OMI, dans certaines zones d'attente, apporte une aide : fourniture de cartes téléphoniques, de trousses de toilettes, vente de cigarettes et de nourriture.
    • En principe, vous pouvez circuler librement dans l'enceinte de la zone d'attente, c'est-à-dire sans être entravé, ni retenu dans une chambre par exemple.
      Si vous sortez de la zone d'attente, vous commettez le délit d'entrée irrégulière et vous pouvez être sanctionné.
    • Vous pouvez quitter la France à tout moment si vous le désirez.
  • Quels sont les recours que vous pouvez exercer contre la décision de placement en zone d'attente ?
    • vous pouvez exercer un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif de Paris
    • cependant il ne suspend pas l'exécution de la décision, et en pratique il n'est jamais examiné avant la fin du maintien en zone d'attente
  • Si vous êtes toujours en zone d'attente après 4 jours, le juge doit obligatoirement être saisi : il décidera de mettre un terme au maintien ou de le prolonger.
  • La prolongation du maintien en zone d'attente au-delà de 4 jours :
    • Qui prend la décision ?
      Le président du Tribunal de Grande Instance ou un juge délégué par lui ont seuls la possibilité d'autoriser la prolongation du maintien en zone d'attente.
    • C'est l'Administration qui demande la prolongation au juge
      • la demande doit être motivée
      • l'Administration doit justifier en quoi la prolongation de votre maintien en zone d'attente est nécessaire
    • Quelle est la durée de la prolongation ?
      8 jours maximum, renouvelable une fois encore, à titre exceptionnel, soit 16 jours de prolongation au total et 20 jours en tout
    • Vos droits en cas de prolongation :
      • vous pouvez demander un avocat commis d'office
      • vous avez droit à l'aide juridictionnelle
      • vous pouvez être assisté d'un interprète
      • vous avez droit de voir votre dossier
    • L'audience de jugement :
      • vous pouvez consulter le dossier présenté par l'Administration avant l'audience
      • vous êtes présent pendant l'audience et vous devez être entendu par le juge, si nécessaire avec l'aide d'un interprète, et éventuellement en présence de votre avocat (également en son absence s'il a été averti et s'il n'est pas venu)
      • l'audience a lieu soit au Tribunal de Grande Instance, soit dans une salle spécialement aménagée dépendant des gares, ports ou aéroports
      • l'audience est publique, sauf décision contraire du juge en cas de désordre
    • La décision du juge :
      • il rend sa décision à l'audience même et elle vous est notifiée sur place (si vous êtes absent par courrier avec accusé de réception à votre dernier domicile connu)
      • soit il refuse la prolongation, s'il estime excessif le délai demandé par l'Administration ou si vous présentez des garanties de représentation (déclaration d'hébergement par la famille ou des amis)
        si vous êtes demandeur d'asile, il peut la refuser s'il estime que votre demande n'est pas manifestement infondée
      • soit il prolonge votre maintien et en ce cas vous restez en zone d'attente jusqu'éventuellement votre départ de France
    • Quels sont les recours possibles contre une décision de prolongation ?
      • la décision du juge est une ordonnance susceptible d'appel que vous devez former dans les 4 jours suivant la décision de prolongation
      • vous pouvez former l'appel par simple déclaration au greffe du tribunal de grande instance ou de la Cour d'appel
        Le président de la Cour d'Appel ou son délégué statue dans les 48 heures de sa saisine.
      • vous avez les mêmes droits qu'en première instance
      • ce recours ne suspend pas la décision de prolongation, mais étant donné sa rapidité, il peut aboutir à votre remise en liberté avant la fin du délai de prolongation
      • contre la décision d'appel vous pouvez former un pourvoi dans le délai de 10 jours suivant la notification de la décision d'appel, par déclaration au greffe de la Cour de cassation
        Ce recours n'est pas non plus suspensif.
    • Conséquences du refus de prolongation ou de l'annulation de la décision de prolongation :
      • vous êtes autorisé à pénétrer en France
      • on vous donne un visa de régularisation de 8 jours
      • au bout des 8 jours, vous devez quitter la France, sauf si vous avez obtenu une autorisation provisoire de séjour ou un récépissé de demande de titre de séjour.
  • Attention : il convient de distinguer les recours suivants :
  • Le transfert d'une zone d'attente à une autre :
    • Vous pouvez être transféré de la zone d'attente correspondant à votre lieu d'arrivée vers une autre zone d'attente pour vous faire partir d'un autre aéroport, port ou gare que celui ou celle où vous êtes arrivé.
    • Il n'est pas tenu compte du temps de transfert pour calculer la durée totale du maintien.


Quelques numéros de téléphone et adresses utiles en cas de difficultés à la frontière

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© Carine et Serge DIEBOLT - "Droit pour Tous" - 2005