Si vous êtes marié(e) à un(e) français(e), vous
pouvez acquérir la nationalité française par
déclaration.
Quelles sont les conditions à remplir
?
Vous devez :
-
vous être marié avec un conjoint de nationalité
française
-
être marié(e) depuis 2 ans
ce délai est supprimé si un enfant est né de votre couple
avant ou après votre mariage
-
prouver que la communauté de vie n'a pas cessé entre vous
-
prouver que votre conjoint est toujours de nationalité française
-
avoir un titre de séjour en cours
de validité
-
être intégré à la communauté française
(notamment avoir une maîtrise suffisante de la langue française)
-
être de "bonne vie" et de "bonnes moeurs" (ne pas avoir subi certaines
condamnations pénales, ni avoir fait l'objet d'un arrêté
d'expulsion non abrogé ou d'une
interdiction du territoire français non
entièrement exécutée)
Quelles sont les démarches à effectuer
?
La première étape de la procédure est constituée
par la souscription de votre déclaration auprès du tribunal
d'instance compétent pour votre domicile (ou du consulat si vous
êtes à l'étranger).
En quoi consiste la déclaration
?
-
C'est un document établi en 2 exemplaires qui porte votre signature
et celle de l'autorité qui a reçu la déclaration.
-
Vous devez joindre à cette déclaration les pièces suivantes
:
-
une copie de votre acte de mariage
-
une attestation sur l'honneur signée devant le juge par vous et votre
conjoint, affirmant que la communauté de vie n'a pas cessé
entre vous
-
tous les documents confirmant l'attestation (par exemple : bail ou quittance
de loyer au nom des deux époux, avis d'imposition fiscale conjoint...)
-
un certificat de nationalité française
récent concernant votre conjoint ou, à défaut, tout
document prouvant qu'il (ou qu'elle) possédait la nationalité
française à la date du mariage et qu'il ou qu'elle l'a
conservée depuis lors.
-
un extrait du casier judiciaire ou tout document
équivalent délivré par l'autorité compétente
du ou des pays dans le(s)quel(s) vous avez eu votre résidence dans
les 10 dernières années
-
une copie de votre titre de séjour
-
le cas échéant :
-
une copie intégrale de l'acte de naissance
de votre ou vos enfant(s)
-
la justification de leur résidence avec vous
-
si vous souhaitez porter un nom ou un prénom français, une
demande de francisation pour vous et vos enfants
-
Lorsque vous déposez votre dossier, il vous est remis un
récépissé.
-
L'Administration dispose d'un délai d'un an à compter de la
délivrance du récépissé pour rendre une
décision.
Comment se passe l'examen de votre dossier
?
-
Lorsque votre dossier est complet, le juge d'instance le transmet au Ministre
chargé des naturalisations.
-
Votre demande fera l'objet au ministère d'une enquête.
Que peut décider l'Administration
?
L'Administration se prononce sur :
-
la recevabilité de votre déclaration, c'est-à-dire sur
sa conformité à la loi
-
une opposition éventuelle à votre acquisition de la
nationalité française pour indignité ou défaut
d'assimilation (par exemple, en raison d'une connaissance insuffisante de
la langue française)
Que se passe-t'il suite à la décision
de l'Administration ?
Le juge vous informe de la suite donnée à votre demande.
-
Si votre demande est acceptée, il vous sera remis un exemplaire de
la déclaration portant le numéro de son enregistrement, qui
constitue le moyen de preuve de votre acquisition de la nationalité
française.
-
En cas de refus de votre demande, ce refus vous sera notifié
(c'est-à-dire que vous en serez informé par courrier).
Vous pouvez le contester devant le tribunal de grande instance compétent
dans un délai de 6 mois. Informez-vous auprès
d'un avocat.
Votre acquisition de nationalité
française peut-elle être remise en cause ?
En principe non, sauf dans les cas suivants :
-
En cas de fraude ou de mensonge, le ministère public peut contester
votre acquisition de la nationalité française devant le tribunal
de grande instance dans un délai de 2 ans à compter de leur
découverte.
-
Si vous avez cessé de vivre avec votre conjoint français dans
l'année suivant l'enregistrement de la déclaration
(c'est-à-dire au moins 3 ans après le mariage).
Quelles sont les conséquences de l'acquisition
de la nationalité française ?
-
En matière de nationalité :
-
lorsque votre déclaration est enregistrée, vous êtes
français à compter du jour de cette déclaration
-
votre accession volontaire à la nationalité française
peut vous faire perdre votre nationalité antérieure
-
en effet, certains pays n'admettent pas la double nationalité : les
lois internes de certains États prévoient que l'acquisition
volontaire d'un nationalité étrangère entraîne
la perte automatique de la nationalité antérieure
-
il en est de même des pays qui comme la France ont ratifié la
Convention de Strasbourg du 6 mai 1963 : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark,
Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Suède.
-
il vous appartient de consulter sur cette question les autorités de
votre pays d'origine
-
en tout état de cause, si vous conservez votre nationalité
antérieure, vous deviendrez double national
Toutefois, désormais français(e) pour la loi française,
vous ne pourrez vous prévaloir, sur notre territoire, que de cette
seule nationalité.
-
quelle est la situation de vos enfants
?
Vos enfants mineurs, étrangers, non mariés deviendront
français en même temps que vous s'ils résident habituellement
avec vous, dès lors que vous indiquez leur nom dans votre
déclaration.
-
En matière civique :
-
vous bénéficierez des droits attachés à la
qualité de Français (droit de vote, droit d'être
éligible, droit d'accès à la fonction publique...)
-
en contrepartie, vous devrez contribuer au fonctionnement des institutions
nationales
-
En matière civile :
-
l'acquisition de la nationalité française vous soumet aux lois
françaises, notamment en ce qui concerne les actes de votre vie
privée (mariage, divorce...)
-
des actes d'état civil français (si vous n'en possédez
pas déjà) seront constitués à votre identité
et à celle de vos enfants, par le service central de l'état
civil du ministère des affaires étrangères qui vous
les fera parvenir
-
vous avez encore la possibilité de demander la francisation de vos
noms et prénoms ainsi que celle des prénoms de vos enfants
mineurs devenus français, à condition d'en faire la demande
dans le délai d'un an à compter de la souscription de votre
déclaration
-
la francisation est accordée après enregistrement de la
déclaration, par décrêt publié au Journal Officiel
Cliquer ici pour plus de précisions sur
la nationalité française
© Carine et Serge DIEBOLT - "Droit pour Tous" - 2005